Isabelle Massalski Traduction
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Comment différencier la langue du dialecte et du patois ?

Linguistique

Il est difficile, d’un point de vue linguistique,  d’établir clairement une différence entre langue et dialecte.

Certains courants de pensée considèrent toutefois cette distinction comme importante et la justifient par des critères politiques, sociaux et historiques.

 

Tout d’abord, sur le plan démographique, on considère qu’une langue est un dialecte par un grand nombre de personnes. Toutefois, tout est relatif, compte tenu des disparités linguistiques locales. Si l’on prend l’exemple du français, qui est parlé en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, en France, et en Afrique – pour ne citer que ces lieux - , on s’aperçoit qu’il ne s’agit en réalité pas du « même français ».

 

Ensuite, sur le plan historique, une langue pourrait être un dialecte ayant obtenu un statut officiel. Dans ce cas, le français, considéré comme langue standard, peut être considéré comme un dialecte de la langue d’Oïl (le francien) qui aurait dominé les autres variantes et les aurait intégrés. on pourrait considérer que les dialectes seraient des variétés ayant une langue commune pour origine, qui se seraient différenciés au cours de l’histoire. On pourrait ainsi qualifier les langues romanes d’aujourd’hui comme des dialectes du latin.

 

D’un point de vue social, une langue serait un dialecte avec un prestige social et culturel particulier. Par exemple, le français est devenu, au Siècle des Lumières, la langue que l’on parlait dans les cours royales européennes par excellence. Les souverains éclairés se devaient de parler le français. La langue standard est également appelée langue officielle si elle est rattachée à un pouvoir politique, comme un état par exemple. Si on retient ce critère, on considère alors que les autres formes linguistiques sont de catégorie inférieure en les qualifiant négativement de « dialecte », « rural », « régional », « patois ». Dans les faits, une langue standard englobe toutes les caractéristiques régionales, elle est un continuum de dialectes.

 

Selon le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), le dialecte est une forme particulière d’une langue, intermédiaire entre cette langue et le patois, parlée et écrite dans une région d’étendue variable. Il peut aussi être une forme régionale d’une langue ancienne. Le terme de dialecte était à l’origine principalement employé pour désigner les variantes géographiques d’une langue (appelée également régiolecte ou géolecte). Il désigne plus largement toute particularité langagière et concerne ainsi, de façon plus étendue, les dialectes sociaux (sociolectes), les variétés linguistiques liées à des formes de communication particulières (jargons, argot, verlan, etc.).

 

D’après le Littré (1880), le patois serait un parler provincial, donc un dialecte, qui serait en particulier utilisé par les paysans et les ouvriers. Le terme patois désigne en outre certaines façons de parler bien propres aux gens de la province. Il est alors dénigré et reçoit alors la qualification de « langue pauvre » ou « grossière ».

En effet, au fil des siècles en France, la dénomination de patois est devenue discriminatoire. En 1762, le Dictionnaire de l’Académie Française définit le patois comme « langage rustique, grossier, comme est celui d’un paysan ou du bas peuple ». Cette vision est dénoncée depuis quelques décennies par les linguistes. On parle aujourd’hui de façon plus neutre de langues régionales (en France) ou de langue minoritaire.

En conclusion, les linguistes préfèrent de manière générale parler de langues et de leurs variétés régionales qui sont les dialectes, les sous-dialectes et, très localement, les parlers ou patois.

 

 

 


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